Jules Verne naît à Nantes (Loire-Atlantique) sur l’île Feydeau le 8 février 1828. Il est le fils de Pierre Verne et Sophie Allotte de la Fuÿe. Son père est avoué (officier ministériel chargé devant les cours d'appel d'effectuer tous les actes nécessaires à la procédure).

La famille Verne est vouée à la magistrature, haute bourgeoisie de robe, selon l'expression de l'époque. Quant à sa mère, elle descend d’une famille nantaise d’origine écossaise qui compte de nombreux armateurs et navigateurs. En 1829, naît son frère Paul avec qui il restera lié toute sa vie. Puis quelques années plus tard viendront Anne (1837), Mathilde (1839) et Marie (1842). Le jeune ménage est installé dans un premier temps dans la maison des beaux-parents sur l’île Feydeau, puis déménage rapidement au 2, quai Jean-Bart. Les premières promenades des deux frères sont pour le port que l’on aperçoit de la fenêtre de leur appartement.

Le port de Nantes n’est plus le port actif qu’il était à la période des négriers et du commerce avec les Indes et Haïti. Il accueille désormais les cap-horniers, dont les pêcheurs de baleine, très actifs, occupent toute une partie du port. C’est d’eux dont Jules Verne s’inspira pour décrire certains des personnages comme Ned Land, harponneur de baleine dans "Vingt mille lieues sous les mers".
Jules et son frère qui deviendra plus tard officier de marine sont attirés et fascinés par ce monde de l’aventure. Dans les greniers de la maison familiale, ils découvrent des trésors : papiers, objets étranges, pacotilles, vieux uniformes, lunettes, sextants…

Leur oncle Prudent qui deviendra uncle Prudent, un des protagonistes de "Robur le Conquérant" les abonde de récits de voyages qui nourrissent leur imagination. Toute sa vie, Jules Verne aimera la mer, la navigation, la géographie, les sciences naturelle, parce qu’il en aura été imprégné toute son enfance.

A 5 ans, on l’envoie chez Mme Sabin, la veuve d'un capitaine au long cours disparu en mer qui tient un cours pour enfant. L’éducation religieuse est au programme, comme l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul. Jules fait de l’escrime et apprend le piano. Il partage avec son père la passion de la musique et gardera d’une éducation autoritaire le respect des valeurs morales. A neuf ans, Jules et Paul entrent au petit séminaire Saint Donatien.
Jules s’abreuve de romans d’aventure. Il lit "Le Dernier des Mohicans" de J. F. Cooper et "Robinson Crusoe" de D. Defoe. Mais au héros solitaire de Defoe, il préfère le Robinson suisse de J. D. Wyss (1812), un grand classique de la littérature enfantine qui jette une famille entière sur une île déserte. Toute cette littérature lui donne des envies de voyage.
Au cours de l’été 1839, Jules alors agé de 11 ans aurait fait une fugue. Le garçon a appris qu’un trois-mâts, nommé La Coralie appareille pour les Indes. Il se fait engager comme mousse à la place d’un de ses camarades avec le projet d'en ramener un collier de corail pour sa cousine Caroline. Rattrappé à Paimbœuf par son père, la correction est partculièrement sévère et Jules promet à sa mère de "ne plus voyager qu’en rêve". L'anecdote rapportée par les biographes familiaux tient certainement de la légende, mais elle démontre de la fascination du jeune garçon pour la mer et les voyages.

En 1840, les deux frères entrent au lycée. Jules n’est pas un élève brillant. Ses professeurs et ses proches garderont surtout le souvenir d’un garçon plein de vivacité et de gaieté, toujours prêt à organiser des distractions physiques comme spirituelles qui pourtant cache une grande sensibilité. Toute sa vie, il donnera de lui une apparence froide et réservée, tandis qu’au fond, il est plein de malice et de moquerie. Nombreux sont les personnages de ses romans qui seront marqués par cette dualité caractérielle : une personnalité principale refoulée et une apparence froide et rigide.

On peut noter un autre centre d’intérêt déjà présent à cette époque : les machines. Au dire de ses camarades de classe, Jules couvrait ses cahiers de dessins, de schémas représentant des machines imaginaires et invraissemblables.

Depuis des années, Jules faisait une cour discrète, mais assidue à sa cousine germaine Caroline Tronson qui avait son âge. Cette dernière rompt le charme en se mariant. Jules a 19 ans. Il doit penser à son avenir. Son père le destine à prendre sa succession, et c’est donc sans grand enthousiasme qu’il entame des études de droit à Nantes. Il étudie seul à la bibliothèque de la ville et grâce aux conseils de son père. Il se sent seul. Son frère Paul, le cadet, libre de choisir sa voie veut devenir navigateur et s’engage sur un bâteau de commerce. Jules pour oublier écrit des pièces de théâtre, tout en suivant consciencieusement ses études. Pour sa troisième année de droit, Jules convinc son père de l’envoyer à Paris.
À 20 ans, il déménage donc à Paris pour y terminer ses études. Il est bachelier en Droit en 1849, puis licencié en Droit en 1850. Tout en écrivant des pièces de théâtre, il commence à fréquenter les milieux littéraires et rencontre plusieurs auteurs, dont Alexandre Dumas. Le succès de la pièce "Les Pailles rompues" en 1850 le convainc de délaisser le Droit pour l'écriture. L’année 1851 annonce un tournant dans ses préoccupations : il s’attaque à l’étude des grandes réalisations de la science : l’aérostation sera son premier terrain d’étude. Il écrit "Un drame dans les airs" et imagine alors une série : Le roman de la science.

Pour se documenter, il passe des journées à la Bibliothèque nationale, où il croise les frères Arago. L’aîné François (1786–1853), savant physicien et astronome contribua comme ministre de la marine à l'abolition de l'esclavage. Jean (1788-1836), le second, aventurier participa à la guerre d'indépendance du Mexique où il devint général. Il inspira à Jules Verne "Les Premiers navires de la marine mexicaine". Jacques (1799-1855), explorateur, bien que âgé et presque aveugle quand il le rencontre continue de voyager à travers le monde. Il est également l'auteur du "Voyage autour du monde" qui connut un grand succès. Ce dernier aura une profonde influence sur Jules Verne et l’orientera dans ses recherches scientifiques. Entre 1852 et 1862, il écrit pour le théâtre mais publie aussi quelques nouvelles.
En 1857, il épouse Honorine de Viane, une jeune veuve déjà mère de deux filles. Elle lui donnera un fils, Michel Verne (1861-1925).
En 1862, il rencontre l'éditeur Pierre-Jules Hetzel, lequel accepte de publier "Cinq semaines en ballon" (1863). Le roman raconte les aventures d'un Anglais, le docteur Samuel Fergusson, son ami écossais Dick Kennedy et son domestique Joe qui entreprennent un voyage de Zanzibar au Niger en ballon. Début 1863, quand paraît "Cinq semaines en ballon", le public se passionne pour les grandes explorations africaines. De nombreuses zones du globe terrestre sont encore à découvrir. C’est le temps de la colonisation.

Verne s’appuie pour écrire ce premier roman sur les cartes et les récits de ces grands explorateurs. Il sera toujours habité par un grand souci d’exactitude et de précision. Pour cela, il disposera d’une documentation impressionnante, toujours remise à jour.
Le livre connaît un succès triomphal, en France et dans le monde : la vraie carrière de Jules Verne commence. Il signe un contrat de 20 ans avec Hetzel et son avenir est assuré. Au cours des quarante années suivantes, il écrira plus de soixante-dix romans, dont les plus célèbres, outre "Cinq semaines en ballon", sont "Le tour du monde en quatre-vingts jours", "Vingt mille lieues sous les mers", "l'île mystérieuse", "Michel Strogoff", "Les enfants du Capitaine Grant", "Voyage au centre de la Terre", "De la Terre à la Lune", etc.
En 1867, il quitte définitivement Paris pour le Crotoy où il était déjà installé depuis 1865.
Sans cesser d'écrire pour autant, il voyage beaucoup : les croisières, notamment en Amérique (1867), se succèdent et sont pour lui des sources d'inspiration pour ses "Voyages extraordinaires", nom générique donné à l'ensemble de son oeuvre.
En 1870, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur. Pendant la guerre franco-prusse, il est garde-côte au Crotoy, mais il continue d'écrire.
En 1871, il s'installe à Amiens, en Picardie, où il vivra jusqu'à sa mort.
L'année 1886 est terrible pour Verne: le 9 mars, il est victime d'un attentat perpétré par son neveu Gaston et qui le laissera avec une balle dans l'os de la jambe. Huit jours plus tard, son éditeur et ami Hetzel meurt. Verne vend son bateau et cesse de voyager. Il se concentre sur sa charge au Conseil municipal d'Amiens, sans délaisser l'écriture.
Dès 1890, sa santé se détériore. Verne est boulimique et atteint du diabète.

Il souffre toujours de sa blessure à la jambe et a subi trois crises de paralysie faciale entre 1851 et 1858.
En 1892, il est fait Officier de la Légion d'honneur
Il meurt d'une crise de diabète dans sa maison d'Amiens, le 24 mars 1905, laissant plusieurs romans non publiés. Certains seront modifiés par son fils Michel, sous les pressions de l'éditeur Jules Hetzel, le fils de Pierre-Jules Hetzel : il ajoute des chapitres, en retranche, met en scène de nouveaux personnages, change les dialogues et les conclusions. Ce sera le cas pour "En Magellanie", qui deviendra "Les naufragés du « Jonathan »" sous la plume de Michel. "Le Volcan d'or" sera lui aussi considérablement modifié, tout comme "Le phare du bout du monde", "L'Agence Thompson & Co.", "Le Secret de Wilhelm Storitz" et "Le Beau Danube jaune".
"Le manuscrit de Paris au XXe siècle", un roman d'anticipation, ne sera retrouvé et publié que plusieurs années après sa mort .